Croissance Plus : The Baule Spring Papers

Le 5 avril 2016 par Magazine En-Contact

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– La Baule quand on est entrepreneur, c’est moins loin que le Panama et on s’évade autrement –

Quand plus de 300 chefs d’entreprise se réunissent ou s’évadent, ce n’est pas toujours pour parler d’évasion fiscale et ce n’est pas toujours au Panama. C’est parfois dans des contrées plus proches : c’est en l’occurrence à la Baule, et à l’initiative de Croissance Plus que plusieurs centaines d’eux se sont réunis, la semaine passée, pour leur Spring Campus, leur congrès annuel. En-Contact y était, et vous livre un extrait de ses Baule Papers, en attendant la version papier dont la parution est prévue pour juin 2016.

Qu’y a-t-on appris, rencontré ? Y avait-il de jolies filles ? L’Hermitage Barrière est il une destination sympa… tout ce que vous avez manqué !

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, écrivait RimbaudDSC_2129_DxO

Malgré leur âge plus avancé pour certains, mais pas tous, les chefs d’entreprise auront marqué le signataire de ces lignes par leur pêche et l’enthousiasme présents, coulant dans leur veines à tous, quel que soit leur parcours, profil mais aussi par la jeunesse et l’entrain conservés, au moins dans la tête. Cela leur permet d’enchainer des conférences très sérieuses, repas conviviaux, soirées plus débridées. A table comme sur la plage, au Spring Campus, le serial entrepreneur, qui a déjà créé 8 sociétés, levé ou relevé des millions d’euros peut côtoyer le jeune impétrant, qui a créé son application depuis un an ; mais le tout se fait sans chichi et les échanges de cartes vont bon train, sans pudeur, à l’américaine.

Ça commence d’ailleurs dès le tgv, parti malgré la grève : le hasard du placement oblige le patron de fonds d’investissement à entamer le dialogue avec sa voisine, productrice de film, qui est en plein tournage de son premier long métrage ; tandis que tout à côté, le spécialiste en protection sociale échange sur swapcard, son mobile avec un prospect … à 500 salariés. Soyons fous mais… ne perdons pas le nord.

Saint-Nazaire est définitivement tout proche de la Baule et très moche, quoique…

Mais, si on y trouve des bus, tout ça est vite oublié et la halte s’impose. La 122990000 ème grève entamée en France, par une certaine catégorie de personnels, le jour du départ, manque de compromettre le timing de ce raout à haut risques ( réunir des patrons d’entreprise, ç’est à dire des individualistes forcenés, le même jour pour un séjour de presque 3 jours, en voilà un défi )/le tgv Paris Montparnasse – le Croisic stoppe donc à Saint Nazaire et le Spring Campus aurait pu donc mal démarrer. Mais, les grèves en France, on est habitué et donc les gentils organisateurs ont géré : des bus nous attendent, qui nous emmèneront à bon port. De bout en bout, l’organisation est parfaite, fluide – une vraie « seamless experience » pour les participants.

Atlantia, ça déchire !

Et dire que l’on va chercher parfois très loin des centres de congrès, dispendieux et impersonnels : la salle de conférence du centre Atlantia est parfaite, les sorties de secours aux bonnes places, le centre de congrès à 5 minutes à pied des auberges de jeunesse où tout le monde est hébergé. Corinne Denuet, la DG du centre de congrès, et ses équipes ont fait le job :on avait même demandé l’option soleil et on l’a eue. Du coup, on a pu trainer sur les terrasses, et sécher parfois quelques cours ou TD.

Faut que je vous dise un truc : m’entendre raconter par Hubert Védrine l’état du monde, et de l’Europe, en 3 leçons, par celui qui y a participé, et semble en avoir été spectateur alors qu’il nous indique que ça pourrait mal finir…ça m’a rappelé des mauvais souvenirs de cours inutiles.

Du coup, les terrasses, on en a profité et ça a du bon : le media for equity si vous ne savez pas ce que c’est, ça n’est plus mon cas, car j’ai rencontré la star de ce type de métiers… sur la terrasse. Et pour être tout à fait franc, c’est d’abord la femme du boss de cette boîte, 5M Ventures, que j’ai rencontrée, et elle aussi est sympa. Elle s’appelle Savina.

Les 3 nouvelles auberges de jeunesse à la Baule…

s’appellent l’Hermitage, le Royal, le Majestic et le chef des dortoirs, Jean-Louis Goube. A peu de choses près, c’est le Jean-Paul Goude de la taule de luxe. L’un savait faire des pubs déjantées, l’autre recevoir 300 fous furieux dont ceux qui arrivent à moto, en Ducati et parviennent à disposer de leur piaule, avant tout le monde. Vive la fraternité, chez les motards, elle existe. Et Jean-Louis doit en être un.

Vive Jean-Louis et son équipe, ils ont géré.

Même si j’étais dans l’hôtel des pauvres, comme l’ont surnommé, ces deux jours là, les éloignés du cœur stratégique des opérations, l’Hermitage, La Baule dispose d’un réseau unique d’hôtels susceptibles d’accueillir quelques 400 personnes, c’est un bon choix pour ce type d’événements.

Le digital, c’est du bullshit et les gars de la finance portent-ils tous des chemises blanches ?

Faut pas croire tout ce que disent les journaux ; dans la vraie vie, les chefs d’entreprise ont besoin de se parler, en vrai, de se toucher, respirer, en chair et en os, et les financiers ( il y en avait une palanquée ) n’ont des chemises blanches que le premier jour, comme tous leurs copains d’excursion, les avocats spécialisés notamment en M&A.

Y avait des gus de chez Fiorentino ( Euroland finance ) de chez EY, du lawyer de chez Jeantet et associés, Gide, Lefebvre, en résumé, mis à part Bredin Prat, tout ce que Paris compte de fines lames du droit et des fusaq mais… et la bonne nouvelle, c’est qu’à l’époque des applications, du web, c’est encore devant des noix de saint-Jacques que la vraie vie commence, en tongs, ou presque. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’il y a encore beaucoup d’argent à investir dans les fonds d’investissements si tous ces gentils messieurs sont là…

Visiomed ou Coursiers.com, le gagnant est…

J’ai pas tout suivi mais je crois que le thème de l’année était la bonne façon de grandir vite et bien, le scale-up.

Le gagnant de l’année, celui dont la performance dans le domaine a épaté ses congénères, c’est Visiomed (gagnant du Scale Up award).

Mon prix du jury, à moi, ira à 2 autres énergumènes, rencontrés sur place – mais ne n’ai pas vu tout le monde.

Karine Cohen : la femme la plus rapide du monde à vous dégainer sa carte de visite, dirige une société de coursiers, notamment, (vous croyez qu’il y a un lien ?), est passée à patron incognito ; elle a explosé les audiences, j’ai vite compris pourquoi. Son enthousiasme et son naturel crèvent l’écran.

Le deuxième ? Il a dû créer déjà 6 ou 7 sociétés, sa dernière aventure avec ses associés s’appelle you2you et a vocation à vous permettre de livrer tous vos colis, en France, en faisant appel à des particuliers notamment.

Si je devais lever des fonds, je dirais que le père Lescure (Hervé de son prénom, fondateur de you2you), c’est le Uber de la livraison de colis, qu’il est en train de créer.

Mais je ne suis pas en train de lever des fonds, il n’y avait pas de ministre sur place (c’est bizarre comme ils sont de partout nos ministres, dès qu’il y a des caméras, et que ce n’est pas trop loin de Paris), et donc…

On s’est bien marré, il n’y avait pas de caméras, ni de télés et donc pas de ministres.

Ceux-ci s’intéressent-ils réellement à la création d’entreprise et à leur croissance ? On ne le saura donc pas. Mais il y avait beaucoup d’énergie, de talent, de bonne humeur – vous l’aurez compris.

Dans quelques mois, dans la même station balnéaire, c’est moi qui serai l’organisateur, avec mon forum sur l’expérience client.

Mon expérience de journaliste au Spring Campus, ce fut un plaisir.

Je reviendrai à Montréal, chantait Charlebois.

Moi, je reviendrai à la Baule… si je suis réinvité !

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet



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