L’usine à clandestins, Paris 15 ème, s’appelle l’ISPEM. Bruno Cavallaro, son directeur y formait… aux métiers de demain

Le 18 décembre 2015 par Magazine En-Contact

(exclusivité En- Contact )

Le magazine En-Contact révèle ce matin quelle est l’école de commerce et le groupe d’écoles associées qui organise une des filières de faux étudiants chinois : le directeur de l’ISPEM Bruno Cavallaro était déjà connu de la justice.
Au moment où les magazines économiques, tels Challenges, publient leur classement annuel des écoles de commerce, qui va décrypter le business de plus en plus opaque de la formation ?

Le français (à L’Ispem Fle), le commerce international, même les métiers du luxe (avec l’école rattachée au groupe ISPEM, Linkschoolparis), on apprend tout au sein du groupe ISPEM, cette fameuse école de commerce du 15 ème arrondissement de Paris qui fait depuis hier, sans être nommée, la une des journaux. Non pas pour ses résultats brillants mais parce qu’un trafic de faux visas d’étudiants chinois y a été démantelé, avec tout ce qu’il faut pour faire un film qui pourrait presque compléter la série des «la vérité si je mens3 » : des faux visas d’étudiants, des rabatteurs, du black en veux-tu en voilà, des chèques en blanc qu’on va mettre en banque après les avoir endossés… Le tout avec tout ce qu’il faut pour embrouiller le chaland et candidat au Bts, au MBA.
Tandis que Bruno Cavallaro, l’ex-directeur, dort désormais en prison et que l’enquête se poursuit jusqu’en Ardèche, j’ai listé, dans un petit argumentaire à destination des producteurs de cinéma qui chercheraient à lancer un projet (les escrocs sont à la mode en ce moment) les bonnes raisons pour lesquelles la « franchise » de la Vérité si je mens doit… ABSOLUMENT se poursuivre avec cet opus :

Yi Chen, l’ex directeur de Bercy Institute, est comme son nom l’indique un fieffé coquin chinois qui n’a pas froid aux yeux : il avait déjà été condamné et attrapé en 2012 pour une carambouille similaire de faux étudiants chinois mais dans tous les films marrants, le bandit n’apprend rien de ses mésaventures : il persévère, ce qui le rend sympathique : ici, c’est un ancien comparse, gérant de baraques à glaces et de restaurant, lui aussi déjà condamné, qui a pris la relève : Cavallaro, Bruno de son prénom n’a peut être pas fait de MBA mais il a tout compris au commerce : tu vas en Chine (voir la photo) , tu fais plein de petits sites web avec beaucoup de liens, de diplômes car tu as bien compris que la grande peur aujourd’hui… c’est de ne pas avoir de diplômes, et que ce qui manque à Paris, c’est beaucoup de clandestins prêts à payer cher pour visiter la capitale ou avoir des papiers… Un business dans lequel tu vends de 3 à 5000 euros le sésame pour résider en France grâce à une carte d’étudiants, le tout au Schwarz, c’est du bon business, pas comme ces conneries d’objets connectés ou de big data où t’as besoin de quantités d’ingénieurs, de programmeurs en Python, Drupal etc etc. Un chinois qui fait bosser un gars de Bezons, de 56 ans, ça le fait, ça va attirer grave tous les publics. Même pas besoin d’un jeune premier avec un cachet exorbitant…

76C5344EDDBADA29922B40023F4_E5B4F012_EEB3

Bruno Cavallaro et des partenaires chinois

L’équipe du film se rendra en Chine du coup pour les scènes qui doivent être tournées sur place et donc ça va permettre d’attirer plein de marques de luxe qui voudront bien mettre un ticket ou faire du placement de produits. Elles ne seront pas dures à trouver si l’on considère que la moitié du comité Colbert semble partenaire de la filière luxe sus citée (Linkschool paris, dont le directeur est « shooté » devant Ladurée, sur la home page du site en question )

Pour les poursuites en bagnole ? on n’aura besoin de bloquer que les voies sur berge car tout ça se passe près de la Seine : Beaugrenelle et Bercy. (ils sont tout de même couillus, nos pieds nickelés qui osent recycler des chèques en blanc à quelques mètres à vol d’oiseau du bureau du Ministère de l’intérieur et de l’Anssi (un truc plus sécurisé encore que les locaux de la CIA à Langley) : l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Avec le métro aérien pas loin (Bir Hakeim), on pourra même se la faire façon Bullitt, cette poursuite.

Bon, dans le rôle du journaliste du premier quotidien de France (le Figaro) qui dévoile le tout mais sans dire où ça se passe, je me demande qui jouera le rôle.
Car, depuis 16H, heure à laquelle, cette après midi, j’ai commencé à m’intéresser au sujet, je suis tarabusté par une question : si j’étais parent d’un élève qui va postuler dans ces écoles, est ce que j’aimerais savoir où ça se passe, ce genre de trucs ? Parce qu’en fait, c’est pas un film, c’est simplement la vérité… mais je ne mens pas : dans la 5ème puissance du monde, moi, petit éditeur de magazines professionnels, je me fais e……r tous les jours dès que j’ai pas les bons papiers, que je suis pas garé à l’endroit où il faut, si j’envoie ma déclaration d’Urssaf avec une… nanoseconde de retard mais eux, Bruno et le Yi Chen, ils ont pu prospérer après s’être fait déjà épingler.
Je ne suis pas sûr de tout comprendre mais ce que je sais, c’est que :
Philippe Tanovian, directeur de la relation client de l’école, va avoir beaucoup d’appels, ces prochains jours. Va lui falloir un bon vrai call center 🙂
Je n’ai peut-être pas fait la bonne école : si l’ISPEM survit à tout ceci, j’y ferai en cours du soir un BTS MUC : l’école où l’on se forme aujourd’hui… au métier de demain, c’est marqué sur le site, en home page (LOL)

–> Contactée par la rédaction d’En Contact, la direction de l’Ispem ne donne « aucune information ; le directeur est en réunion  ». Le numéro à joindre pour obtenir plus d’informations sur l’Ispem : 01 40 21 84 25. On se croirait au RSI ….

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet

>>> RELIRE : Et la palme d’or est décernée à Patrick Drahi, des productions SFR : Prends l’oseille et tire-toi (Lettre ouverte) <<<



Commentaires

Laisser un commentaire